La vie psychique du genre: Mettre les premiers concernés en position d’experts de leur problématique.

Je fais en ce moment la lecture enjouée de l’ouvrage « Psychologie(s) des transsexuels et des transgenres » de Françoise Sironi où elle rend compte de la recherche-action menée pour et avec des personnes transidentitaires il y a quelques années.

hello

Dans cet ouvrage, Françoise Sironi expose la nécessité d’une approche non-discréditante des questions qu’amènent les personnes trans* tant dans la vie sociale que dans les consultations psy. Un lieu n’existant pas indépendamment de l’autre, précise-t-elle. Décoloniser les esprits en quelque sorte : sortir de la causalité pour envisager un devenir, sortir d’une conception naturaliste du genre, en finir avec l’hypocrisie professionnelle. Deleuze, Ferenczi, Devereux : programme alléchant chargé en questionnement éthique. Elle propose de penser la transidentité comme une « contrainte à la métamorphose » : nécessité à changer pour se sentir en adéquation intérieur-extérieur. La notion ethno-psychiatrique pivot de ce travail : la psychologie géopolitique clinique. « Le clinicien ne s’intéressera pas seulement aux désordres, aux souffrances, mais également et obligatoirement aux compétences, aux ressources, aux forces propres du sujet. »

Dépsychiatriser, dépsychologiser, ne plus contraindre à « l’assignation à résidence de genre ». Elle envisage la transidentité comme un « paradigme du monde moderne et de la mondialité », au cœur duquel se jouent les métissages culturels et la multiplicité des identités. Une psy qui s’éclaire des marges, des contre-cultures, des savoirs minoritaires…

Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti cette soif de lire au contact d’un ouvrage psy.

D’abord je me suis sentie naïve : il y a quelques mois, j’ai souhaité réunir des personnes queer et trans*, ex-futurEs-non-patientEs et/ou psys pour un atelier de deux séances intitulé « (dé)construis ton psy ! » . Avec ma bienveillance et mes positions politiques en bandoulière, je voulais faire émerger du savoir psy provenant des premièrEs concernéEs. A la lecture de ce livre, j’ai réalisé, un peu embarrassée que non seulement ça avait déjà eu lieu (ce qui en soi n’est pas un problème) mais plus encore que ça avait été pensé, déconstruit, travaillé, lors d’une recherche action.

Ensuite, je me suis sentie frustrée : pourquoi la fac de psycho n’avait jamais mentionné ce travail pionnier, nécessaire et innovant ? Pourquoi ne pas nous avoir proposé cette approche ? Pourquoi n’ai-je pas pu m’enrichir plus tôt de ces idées ?

Je vais donc vous proposer une petite série d’articles de rentrée sur la vie psychique du genre, au fil de ma lecture, de mes questionnements et des enrichissements extérieurs.

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