Quelques idées pour construire un espace « safe » en thérapie

Ce texte s’adresse autant aux psys1 qu’à leurs patient/es, ex-patient/es ou futur/es patient/es, client/es thérapeuté/es analysant/es.2 Il a été rédigé par un groupe de personnes ayant pu occuper l’un des rôles ou les deux. La réalisation de ce document informatif fait suite aux séances riches de l’atelier « (dé)construis ton psy ! ». Elle s’origine dans le constat, fait par chacun/e des participant/es, que la pratique de la psychothérapie est trop souvent rendue malaisée en raison de la sur-représentation de conceptions normatives de la sexualité, de l’identité de genre et du corps (par exemple : les filles doivent être féminines, il est normal d’être hétérosexuel, l’absence de vie sexuelle est forcément pathologique, le coït est le but de tout rapport sexuel, etc). Ces conceptions ayant en définitive un impacts très négatifs sur les patient/es et le suivi de la thérapie.

En psychothérapie, il est commun de parler d’un accueil neutre et bienveillant. Il ne sera pas question ici de neutralité mais de positionnement. La bienveillance en revanche, sera le fil conducteur de notre travail.

Avec ce texte, nous aimerions vous amener à réfléchir à la position sociale que vous occupez, en fonction de votre sexe d’appartenance, de votre milieu social, de la couleur de votre peau, de votre orientation sexuelle ou encore de votre statut marital. L’idée selon laquelle, en tant que psy, on pourrait s’identifier à tout le monde sans avoir à se poser de question sur son positionnement social et politique, nous semble illusoire et délétère. Vous êtes vous déjà demandé ce que signifie ou représente pour vous:

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Interrogeons nous sur notre rapport à la norme, mais aussi sur le rapport que nous entretenons avec les personnes qui n’y appartiennent pas. Nous sommes nous demandé si notre accueil était réellement inclusif, nos questions réellement ouvertes, nos investigations réellement bienveillantes? Comment nos connaissances théoriques, nos représentations personnelles peuvent-elles faire écran à une rencontre?

De fait, une vaste proportion des personnes minoritaires redoutent d’aller voir des psys pour la raison qu’ils et elles savent bien que leur expérience singulière risquerait d’être, au mieux incomprise, et au pire pathologisée.

Témoignage: Pourquoi je refuse de devenir patiente

« Quand j’avais 15 ans, j’étais anorexique. Mes parents m’ont envoyée à une thérapeute spécialisée dans le traitement des troubles du comportement alimentaire. Rétrospectivement, je peux dire que j’avais de la chance avec ma psy. Elle n’a pas réussi à me guérir (elle me parlait beaucoup du repas, d’action de manger ou pas manger – pendant que je savais bien que ce n’était pas vraiment mon problème), mais au moins elle n’a pas contribué à ma souffrance.

Je connais des gen-tes pour qui c’était différent:

Une copine a subi une violence sexuelle qui l’a fortement traumatisée. Pendant des mois, elle était incapable de sortir seule le soir. Au fur et à mesure, elle s’est réapproprié l’espace public. Elle a recommencé à faire du stop. Sa thérapeute lui a dit qu’elle était „trop courageuse“, en insinuant que si elle se faisait agresser encore une fois, ça serait de sa faute.

Une autre copine, qui comme moi est végétalienne depuis des années, était en thérapie à cause d’une dépression. Sa psy, qui trouvait bizarre son choix éthique d’alimentation, était convaincue que sa patiente était, en fait, anorexique.

Chaque fois que j’entends une de ces histoires, je me dis que je serai incapable d’aller voir un-e psy. Malgré certains problèmes dans ma vie qui mériteraient plus d’attention que je leur donne, je ne suis pas prête à fréquenter un-e psy. J’ai trop peur.

La peur d’être pathologisée parce que je suis queer, polyamoureuse, végétalienne, anarchiste, féministe, parce que je pratique le bondage, parce que je ne cherche pas à avoir une carrière traditionnelle, …

La peur de perdre le contrôle sur le processus thérapeutique, en particulier la peur d’être enfermée en psychiatrie contre ma volonté. La seule expérience thérapeutique que j’ai eue, je l’ai eue comme mineure. Je savais toujours que ma psy pouvait tout raconter à mes parents, et qu’en cas d’une „rechute“, ils pouvaient décider de m’enfermer. C’est la raison pour laquelle j’ai gardé beaucoup de sentiments pour moi. Théoriquement, je sais que la situation est différente lorsque maintenant, je suis adulte. Mais je ne m’y fie pas.

La peur de ne pas arriver à me faire comprendre. Si ma/ mon psy ne partage point ma pensée politique, comment pourrait-ille comprendre ce qui me fait chier dans ce monde? Cette peur a grandi pendant mes études de psychologie. Je me suis rendu compte que la plupart des autres étudiant-e-s n’arriveront jamais à établir un lien avec un-e militant-e.

La peur d’être censée me soumettre à l’autorité supérieure d’un-e psy. Et la certitude que je n’accepterais pas cette autorité – en particulier parce que moi aussi, j’ai une certaine connaissance de la psychologie, je m’engage dans des débats scientifiques aussi. En plus, j’ai une critique profonde du système normalisant et pathologisant qu’est la psychologie clinique. Je veux être plus qu’une patiente: Je veux être une interlocutrice.

Je ne crois pas que ça soit possible dans le cadre d’une thérapie.

Alors, je refuse de devenir patiente. Je me débrouille très bien sans psy. Heureusement, j’ai des potes qui me soutiennent. J’ai des livres et l’internet pour m’informer, j’ai des moyens artistiques pour m’exprimer. J’ai assez de force pour m’occuper toute seule de mes petites crises. Pour l’instant.

J’ai écrit ce témoignage parce que je pense que, éventuellement, je pourrai changer d’avis plus tard. En plus, je suis sûre qu’il y a des gen-tes qui ont des expériences et craintes similaires aux miennes, et qui quand même se décident à fréquenter un-e psy. J’espère qu’il y aura des psys prêt-e-s à cette rencontre. Mais, bien sur, je ne m’y fie pas. »

Une thérapie est un lieu dans lequel les patient/es viennent entre autres pour gagner en confiance en soi, pour améliorer leur vie quotidienne et leur bien-être. S’ils/elles voient leurs valeurs et leur mode de vie dépréciés par leur psy et qu’ils/elles doivent défendre leur identité, la thérapie est non seulement inutile mais nocive.

Ne serait-il pas intéressant qu’une thérapie soit un lieu d’empowerment3 et de développement de la résistance au stigmate? Les identités de genre et de sexualité qui ne correspondent pas aux normes habituelles sont déjà suffisamment difficiles à construire et à affirmer dans un environnement social et familial souvent hostile pour qu’elles ne soient pas contestées ou remises en question inutilement dans le cadre de la thérapie.

Un rapport conflictuel à la norme de la part du patient peut être analysé dans le cadre politique, social et culturel. Il n’est pas forcément facile de se déprendre des idéaux familiaux, sociaux et éducatifs qui nous ont été inculqués. Une ambivalence face à ces idéaux peut faire l’objet d’un travail thérapeutique, mais ne doit pas autoriser les thérapeutes à imposer leurs valeurs à leurs patients (par exemple: la valeur du mariage et du travail, de la famille, du couple hétérosexuel, de la monogamie, la place de l’argent, le rapport au corps …).

Par ailleurs, les prises de position de certains psys dans les médias relevant de la maltraitance théorique, telle que Françoise Sironi l’a décrite4, peuvent susciter une appréhension légitime à entamer un travail thérapeutique.

Posons nous la question de nos propres limites. Si la rencontre nous donne l’impression que nous ne serons pas en mesure d’entreprendre un travail profitable pour le patient gardons la possibilité de l’orienter vers un thérapeute différent. Quand nous nous mettons à faire appel à des stéréotypes nous sortons de la relation thérapeutique.

Témoignage d’un thérapeute inclusif

« Lors du-des premiers entretien-s tout particulièrement, et dans les suivants (pour éviter d’être dans une représentation figée et figeante), je fais en sorte d’être dans l’accueil de l’histoire de la-du patient-e/client-e en repérant comment il-elle se genre, se prénomme, ou parle de son entourage en mettant mes représentations en suspens. Par là j’entends la vision du genre, de la relation affective, et de toute normativité sociale… Mettre nos valeurs, nos représentations acquise dans notre propre histoire en suspens, pour véritablement nous intéresser avec envie à l’univers de la-du patient-e/client-e face à nous, et lui faciliter la parole en ouvrant les questions .

Je préfère par exemple : « comment aimez vous être nommé-e ? » ou » comment souhaitez vous que je vous nomme? » à « quel et votre « prénom? qui peut induire que l’on souhaite connaître absolument se référer au prénom d’état civil. « Préférez vous parler de vous même au masculin, au féminin, un peu des 2, ou évitez vous tout terme qui le signifierait ? » ou « Préférez vous que je parle de vous au féminin, au masculin, un peu des 2, ou de façon indifférenciable ? » ou encore « J’ai remarqué que vous parliez de vous au masculin, au féminin, d’un peu des 2; est ce plus confortable pour vous ? » J’aime ajouter que dans le courant de la thérapie, il-elle n’hésite pas à me signifier si le genre, le prénom que j’emploie n’est pas adéquat, ou pas à ce moment là, ou n’est plus d’actualité.

Si vous souhaitez avoir quelques éléments sur la vie familiale : Comment décririez vous votre cercle familial ? Comment est composé votre système parental ? (en osant décomposer le système géniteur-trice, le-les couples parentaux sans genrer d’emblée le lien en demandant qui est votre « père » votre « mère », ceux qui ont eu un rôle social de « parents »(état civil), et ceux qui ont participé au rôle éducatif… sans y mettre de hiérarchie d’importance autre que celle de la-du patient-e/client-e. Je préfère laisser le client poser ses mots, et les reprendre, les interroger pour savoir ce qu’il-elle y met en les respectant. Osez lui permettre de vous reprendre si dans les séances suivantes vous vous trompez de terme pour parler d’une personne.

Si je souhaite parler de sa vie affective : « Que pourriez vous me dire de, qu’avez vous envie de me dire à propos de votre vie affective? Comment se compose votre entourage proche ? » Il est utile de le-la laisser nommer, qualifier les relations, et ne pas hésiter à interroger de façon ouverte les relations par exemple nommées comme « amoureuses », ou « amicales », ou autres termes employés. On peut explorer ce que signifie amicale, sexuelle, amoureuse pour la personne : un-e ami-e peut être ou pas un-e partenaire sexuel, un-e amoureu-se-x peut être ou pas un partenaire sexuel. Que signifie partenaire sexuel? Quel est la représentation de la sexualité ? Ne pas d’emblée l’associer à la génitalité. Ne pas d’emblée imaginer qu’il y a une sexualité, ou que s’il n’y en a pas que c’est souffrant.

Je préfère demander si une hiérarchie existe ou pas dans ses relations, et si elle est satisfaisante ou pas. On peut aussi explorer comment s’organise ou pas le désir ? S’il n’y a pas d’attirance ou d’envie, est ce confortable, inconfortable, satisfaisant, insatisfaisant ? Est ce par rapport au regard de la société ou un véritable inconfort-confort personnel ? L’asexualité est un choix possible, je n’hésite pas à le nommer. J’interroge vers qui, comment s’oriente le désir : « Le panel de genre des personnes qui vous attire, est il très large, très précis, changeant? » sans y mettre de hiérarchie, sans induire que ce serait mieux d’être attiré par un panel large ou précis, sans induire que cela est identitaire non plus.

« Comment vous définissez vous ? » Par exemple : Le fait d’être une femme-cis attirée exclusivement par des femmes-cis ne sous-entends pas qu’elle se considère comme Lesbienne, elle peut se définir comme FSF (femme ayant des relations sexuelles avec des femmes) ou pas y mettre de mot particulier et décider que cela ne la définit en rien. Il n’est pas intéressant de dire à contrario à une personne qui se définit comme Lesbienne « ne t’enferme pas » dans une étiquette, ce qui est enfermant ou pas pour nous ne l’est pas obligatoirement pour l’autre. Ne pas déduire non plus que le mot « lesbienne » ne définit que des femmes cis attirées par des femmes cis, là aussi tout est possible…

On peut y ajouter aussi le rapport à l’argent par exemple, « faut il gagner sa vie? » Je fais en sorte de ne pas imposer le schéma de soit disant unique réalité de travailler pour subvenir à ses besoins, ni comme supérieure aux autres. Certaines personnes cherchent des alternatives autres, certains artistes par exemple travaillent énormément sans rechercher à en retirer de l’argent, et s’organisent une vie matérielle satisfaisante autrement..

Absolument tout est interrogeable. »

Quand nous rencontrons un-e psy, quelles questions pouvons nous poser?

Toutes. Il n’y a pas de question indiscrète, il n’y a que des réponses qui le sont. Nos questions sont légitimes. Nous pouvons interroger le la psy sur le cadre horaire, la régularité, les tarifs, les méthodes…

Voici quelques suggestions issues de nos échanges :

Avant tout, il est important de sentir que le lieu est safe, soutenant. Le-la psy doit accepter de ne rien savoir, et si le-la patient-e est d’accord alors il-elle peut lui poser des questions si nécessaire, en se méfiant du voyeurisme. Une personne a par exemple relaté une parole de sa psy qu’elle avait trouvée alors adaptée : « si vous considérez que ce que je dis ne vous convient pas, c’est vous qui avez raison. » tandis qu’une autre a pu expliquer que lors d’un échange le psy lui avait répondu : « Non, vous pensez l’avoir vécu, mais vous ne l’avez pas vécu comme ça »…

Dans la rencontre avec un-une psy, il peut y avoir un enjeu de pouvoir puisqu’on est en position de demande, et que la légitimité est du côté du-de la psy. On peut ressentir la crainte de tomber sur une mauvaise personne, comment savoir à qui on a à faire ? Ce qui peut vous alerter :

-Phrases transphobes, sexistes, homophobes qui ne peuvent pas être remises en question. Les préjugés sociaux intériorisés peuvent vous conduire à accepter cela.

-Non respect du pronom : Un-e psy qui ne vous genrerait pas comme vous le souhaitez et l’avez exprimé.

-Ce que vous exprimez n’existe pas pour le-la psy, est nié d’emblée.

-Une personne qui déplace en permanence le problème que vous posez, qui vous impose son idée. Par exemple, un-e psy qui se focaliserait sur le rapport aux hommes d’une lesbienne comme explication de toutes ses difficultés relationnelles.

-Une personne qui vous impose un projet qu’il-elle a pour vous, à votre place. Une personne qui n’est pas prête à lâcher des pistes qu’elle vous a proposées. Un-une psy qui pour ce faire donne des conseils non sollicités.

-Quand vous faites systématiquement attention à ne pas aborder certains sujets que vous pensez irrecevables pour le-la psy.

-Attention, la relation thérapeutique conduit à s’attacher au-à la psy même si il-elle est maltraitant-e. Il-elle peut avoir une image de sauveur, ou de «celui qui sait». L’idée que la psychothérapie fait souffrir peut pousser à accepter beaucoup de choses inacceptables.

Vous choisissez votre psy, vous avez le droit d’arrêter la thérapie, de la remettre en question, à tout moment. Vous avez le droit de prendre le temps avant de vous engager. N’hésitez pas à exprimer vos doutes, vos réticences, vos peurs. Faites confiance à votre instinct, soyez à l’écoute de vos impressions: comment vous sentez vous à l’issue de la rencontre, avez vous envie de poursuivre avec cette personne?

Une thérapie se construit à deux.

Lexique

Trans: Une personne trans, transgenre, … est une personne dont l’identité de genre est différente de celle qui lui a été attribuée à la naissance.

Ftm: Un ftm, f2m, … est un individu né dans un corps dit « femelle », dont l’expression de genre est masculine.

Mtf: Une mtf, … est une individue née dans un corps dit « mâle », dont l’expression de genre est féminine.

Cisgenre ou cis: C’est une personne qui n’est pas trans. C’est à dire une personne dont l’identité de genre est conforme à celle qui lui a été attribuée à la naissance.

Safe: Ici nous entendons le mot dans deux de ses dimensions: la dimension féministe militante qui cherche à rendre un lieu le moins oppressif possible où on se sent en sécurité sur le plan physique et émotionnel; et la dimension sécurisante dans l’espace thérapeutique qui permet l’émergence d’une parole authentique.

Femme: Ensemble des femmes cis et femmes trans.

Homme: Ensemble des hommes cis et hommes trans.

Intersexe: Se dit d’une personne ne correspondant pas aux standards morphologiques du mâle ou de la femelle, d’une personne qui, dans son corps, ne sera pas conforme aux canons occidentaux de la binarité des sexes et qui en aura conscience. Le sexe biologique se présente comme un continuum, avec, aux deux extrêmes, les ‘sexes biologiques’ clairement définis et, au milieu, une large gamme de situations intermédiaires – des individus ‘intersexes’.

1 Nous utilisons le terme « psy » au sens large pour désigner tou/tes les thérapeutes du psychisme, les psychothérapeutes, les psychologues, les psychomotriciens, les psychopraticiens, les psychanalystes, les sexologues ou encore les psychiatres…

2 Par commodité, nous emploieront le terme générique de patient.

3 L’empowerment tel que nous l’entendons ici: le processus permettant un gain de liberté vis à vis de certaines représentations culturelles, sociales et politiques, permettant de s’approprier son vécu intérieur, favorisant la créativité.

4 Maltraitance théorique: « J’appelle donc maltraitance théorique, une maltraitance induite par les théories, les pratiques ou les dispositifs thérapeutiques inadéquats. Ce phénomène apparaît lorsque les théories sous-jacentes à des pratiques sont plaquées sur une réalité clinique qu’elles recouvrent, qu’elles redécoupent ou qu’elles ignorent. Elles agissent alors comme de véritables discrédits envers la spécificité des problématiques et des populations concernées. Ce type de maltraitance a un impact direct et visible sur les patients, les cliniciens, et sur la production de savoir dans la discipline concernée. On comprend alors que la portée de la maltraitance théorique n’est pas uniquement clinique, elle est politique.
La maltraitance par les théories et les pratiques génère des symptômes spécifiques qui sont souvent confondus avec la pathologie initiale du patient. » Françoise Sironi : « Maltraitance théorique et enjeux contemporrains de la psychologie clinique » disponible ici: www.ethnopsychiatrie.net/actu/maltraitance.htm

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